Un regard sans honte sur son corps de femme
Après avoir interrogé la pudeur, nos vêtements, ce qu’en disent la Bible et l’Église, le regard des autres et celui des hommes, il restait une dernière question : quel regard posons-nous sur notre propre corps ? Et si c’était finalement là que se jouait une part essentielle de notre liberté…
Ce que la pudeur demande aussi aux hommes
Un homme m'a dit un jour qu'il n'avait jamais regardé de pornographie. Je ne l'ai pas cru. Il m'a répondu : « J'ai eu la chance qu'on m'aide à construire mon regard sur les femmes. » Construire son regard. Je n'avais jamais entendu cette idée-là.
Les versets qu'on te sort pour juger ta tenue, et décider si tu es une « bonne » catholique
On me cite souvent un verset précis pour me faire sentir coupable à propos de ma tenue. Le problème, c'est que je ne me souviens jamais du contexte exact, et que celle/celui qui me le cite non plus, généralement. Alors je suis allée vérifier. Verset par verset.
Que dit vraiment la Bible sur la façon dont les femmes doivent s'habiller ?
On cite souvent la Bible pour parler de pudeur et de tenue. Mais cite-t-on les bons passages ? Et leur fait-on vraiment dire ce qu’ils disent ? J’ai été relire les textes. Ce que j’y ai trouvé est plus surprenant qu’on ne le croit.
La mode modeste : quand une vertu intérieure devient un code vestimentaire
J’ai entendu une femme chrétienne parler de la tenue d’une autre femme à la messe. Ses mots étaient durs. D’autant plus durs qu’ils étaient prononcés au nom de la pudeur. Cette scène m’est restée, parce qu’elle révèle un paradoxe : à force de dire qu’on voulait protéger les femmes du regard des hommes, n’avons-nous pas créé parfois un nouveau tribunal, celui des femmes sur les femmes ?
Peut-on être catholique et féministe ?
Peut-on défendre la dignité des femmes sans entrer dans une guerre contre les hommes ? Peut-on être catholique sans renoncer à l’égalité, à la liberté, à la protection des femmes, mais sans adopter tout le féminisme contemporain ?
Dans cet article, je cherche une voie plus profonde : une manière d’aimer les femmes, d’aimer l’Église, et de regarder la féminité non comme une limite, mais comme une force à habiter pleinement.
Une femme chrétienne doit-elle forcément être douce ?
On a tous en tête cette image. Une femme chrétienne, c'est quelqu'un de doux. Elle parle calmement, elle enveloppe, elle ne déborde pas. Et si d'aventure elle a une position affirmée sur quelque chose, on s'étonne : « Ah mais toi, tu es tellement douce d'habitude… »
Et c'est là que quelque chose cloche dans l'image reçue. Parce qu'on a confondu deux choses très différentes : un tempérament et une vertu. Et cette confusion-là, elle fait des dégâts silencieux.
Peut-on aimer son corps sans le reconnaître ?
Tu t'es peut-être déjà regardée dans un miroir sans vraiment te reconnaître. Pas parce que tu te trouves laide mais parce que le corps que tu vois ne ressemble plus tout à fait à celui que tu habitais avant. Avant le bébé. Avant l'accident. Avant les années qui passent.
On parle beaucoup d'accepter son corps. Personne ne parle de cette étrangeté-là, plus profonde, et plus silencieuse qu'on ne veut l'admettre. C'est de ça que parle cet article.