Le couple après les enfants : ce qui change vraiment

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En résumé : cet article parle de la vie conjugale après l'arrivée des enfants, pour les femmes mariées et mères qui sentent leur couple s'essouffler sans comprendre pourquoi, avec une approche honnête, ancrée dans le réel, qui normalise les difficultés sans dramatiser et intègre la foi comme ressource discrète, pas comme solution magique.

 

Il est vingt-deux heures. Les enfants dorment enfin. On est sur le canapé. Côte à côte. On pourrait se parler. On pourrait se regarder. On pourrait même se toucher.

On regarde nos téléphones.

Pas par désamour. Par épuisement. Par habitude. Par cette drôle de fatigue qui fait qu'on n'a plus rien à donner à la fin de la journée, même à la personne qu'on a choisie.

Si tu es mariée et mère, tu sais exactement de quoi je parle. Le couple après les enfants, ce n'est plus le même couple. Ce n'est pas un couple en ruine. C'est un couple en chantier. Et c'est très différent.

Cet article est une réflexion personnelle sur ce qui se déplace dans la vie conjugale quand les enfants arrivent. Pas une méthode pour « sauver son couple ». Pas un constat dramatique. Plutôt une tentative honnête de regarder ce qui se passe, et ce que ça peut devenir.

(Et si tu n'es pas encore mère, si tu lis ça avec curiosité ou un peu d'appréhension : reste. Ce n'est pas un article pour te faire peur. C'est un article pour te montrer que le réel, même compliqué, peut être beau.

 

Un mot important avant d'aller plus loin. Cet article parle de couples qui traversent des turbulences normales : la fatigue, les malentendus, le silence, les disputes du quotidien. Ce sont des difficultés réelles, mais elles ne mettent pas en danger.

L'irrespect, l'humiliation, la violence physique, verbale ou psychologique ne sont pas des turbulences normales. Elles ne le seront jamais. Aucune fatigue, aucun contexte, aucune foi ne rend acceptable qu'on soit insultée, rabaissée, frappée ou contrôlée.

Si tu te demandes parfois si ce que tu vis est normal, cette question mérite d'être posée à quelqu'un. Tu peux appeler le 3919 (Violences Femmes Info) : c'est anonyme, gratuit, et les personnes qui répondent sont là pour t'écouter et t’orienter, pas pour te juger.

 

Pourquoi le couple change autant après les enfants ?

Parce que tout change.

Le sommeil change. Le corps change. Le temps disponible change. L'espace mental change. Le rapport au désir change. La patience change. Et surtout : on ne se regarde plus de la même façon.

Avant les enfants, on se voyait. Après les enfants, on se croise. On se coordonne. On gère. On se passe le relais comme deux collègues d'une même équipe de nuit.

Ce n'est la faute de personne. C'est mécanique. Un bébé prend toute la place : physiquement, émotionnellement, temporellement. Le couple devient ce qui reste quand tout le reste a été donné.

Les chiffres le confirment, d'ailleurs. Les travaux popularisés par le Gottman Institute indiquent que près de deux tiers des couples rapportent une baisse de satisfaction conjugale dans les années qui suivent l'arrivée d'un bébé. Un sondage Odoxa réalisé en 2025 pour le média Lou indiquait, lui, qu'un jeune parent sur deux disait avoir envisagé une séparation dans l'année suivant la naissance. Et d'après une enquête Elabe pour WeMoms, souvent citée sur le sujet, environ deux mères interrogées sur trois déclaraient avoir vécu un « baby clash » après l'arrivée d'un enfant.

Ces chiffres ne sont pas là pour faire peur. Ils sont là pour dire une chose simple : si ton couple traverse une zone de turbulences après les enfants, tu n'es pas une exception. Tu es dans la norme.

Et ce qui reste, certains soirs, c'est deux adultes fatigués qui n'ont même plus envie de choisir un film ensemble.


La fatigue : cet ennemi discret du lien conjugal

On parle beaucoup de la fatigue des mères. On en parle moins comme poison conjugal.

Pourtant c'est elle, souvent, qui creuse le fossé. Pas une dispute. Pas une trahison. Juste cette fatigue sourde, chronique, qui fait qu'on ne rit plus, qu'on ne se cherche plus, qu'on ne se provoque plus.

La journée finit. On est vidés. Tous les deux. On s'aime, mais on n'a plus de mots pour se le dire. On n'a même plus de mots pour se plaindre correctement. On marmonne. On soupire. On s'agace pour le lave-vaisselle.

Oui, les mères portent davantage. Les données de l'INSEE restent nettes : les femmes effectuaient 71 % des tâches ménagères et 65 % des tâches parentales dans les couples étudiés. C'est un fait. C'est un déséquilibre réel. Et il pèse lourd dans l'usure conjugale.

Mais il y a une fatigue des pères qu'on ne dit pas assez non plus.

Un homme qui devient père ne traverse pas le même bouleversement physique. Mais il traverse un bouleversement intérieur parfois massif. Sa place dans le couple change. Son identité vacille, même s'il ne le formule pas. Il peut se sentir à la fois responsable de tout et inutile. Présent mais périphérique. Nécessaire mais pas indispensable (du moins c'est ce qu'il peut perçevoir).

Et les chiffres le confirment : la dépression post-partum peut aussi toucher les pères. La CAF évoque environ 10 % des pères dans la première année de l'enfant, un ordre de grandeur cohérent avec plusieurs méta-analyses internationales. Elle peut se manifester par une humeur basse, une fatigue persistante, de l'irritabilité, des troubles du sommeil ou un retrait. Une souffrance qui ne se dit pas, parce que la culture ne lui donne pas encore de mots.

Ce n'est pas une compétition de fatigue. C'est un constat : la parentalité bouscule les deux. Différemment, inégalement, mais les deux. Et quand chacun se sent épuisé sans reconnaître l'épuisement de l'autre, c'est là que le couple se fracture.

La fatigue ne détruit pas l'amour. Elle le rend muet. Et un amour muet, avec le temps, peut devenir un amour invisible.

L'intimité : ce qui se déplace et ce qu'on n'ose pas dire

Parlons de ce dont personne ne parle dans les dîners.

Après les enfants, l'intimité physique se transforme. Parfois brutalement. Et ce n'est pas seulement une question de temps ou de fatigue. C'est une question de corps. De corps qui portent, qui allaitent, qui sont touchés toute la journée par des petites mains. De corps qui, le soir, aspirent au silence.

Ce que beaucoup de femmes décrivent (et que j'ai ressenti aussi) ce n'est pas un rejet de l'autre. C'est une saturation. Le corps a donné tout ce qu'il pouvait donner. Il demande une pause. Pas une rupture. Un souffle.

Et ce que beaucoup de couples constatent, c'est que le désir ne disparaît pas vraiment. Il se désynchronise. L'un en a envie, l'autre pas. Pas au même moment, pas de la même façon, pas pour les mêmes raisons. C'est ce décalage, plus que l'absence de désir, qui crée le malentendu.

De part et d'autre du lit, il y a souvent quelqu'un qui se sent mis à distance et quelqu'un qui se sent trop sollicité. Les deux souffrent. Les deux ont raison. Et aucun des deux n'a tort.

Le malentendu, ici, est immense. Il n'est pas le signe que le couple est fini. Il est le signe que le couple doit inventer un nouveau langage. Un langage où le désir n'a plus la même grammaire qu'avant.

(Si tu lis ça et que tu n'es pas encore passée par là : sache que c'est normal. Que ça se traverse. Et que beaucoup de couples en sortent avec une intimité plus profonde. Simplement, il faut accepter qu'elle ne ressemblera plus aux premières années.)


Le piège de la comparaison : « Avant, on était… »

La phrase la plus dangereuse du couple après les enfants, c'est : « Avant, c'était mieux. »

Avant, on partait en week-end. Avant, on faisait l'amour sans mettre de réveil. Avant, on se parlait pendant des heures. Avant, on riait.

Oui. Avant, c'était plus léger. Mais avant, on n'avait pas traversé une naissance ensemble. On n'avait pas tenu la main de l'autre dans une salle d'accouchement. On n'avait pas porté le poids de nuits blanches, d'angoisses parentales, de décisions impossibles.

Le couple d'avant était joyeux. Le couple d'après est éprouvé. Ce n'est pas la même chose que détruit.

Il y a une grâce dans l'épreuve partagée. Ce n'est pas la grâce des papillons dans le ventre. C'est la grâce de celui qui reste. Qui revient. Qui dit pardon. Qui refait du café le matin même quand la nuit a été rude.


Ce que les enfants révèlent du couple

Les enfants ne cassent pas les couples. Ils les révèlent.

Ils révèlent les non-dits. Les déséquilibres. Les attentes jamais formulées. Les modèles familiaux qu'on reproduit sans le vouloir. Les fragilités qu'on avait planquées sous la légèreté des débuts.

Moi, par exemple, les enfants m'ont révélé que je portais trop, et que je ne savais pas demander de l'aide. Je prenais tout en charge, puis j'attendais qu'on voie à quel point j'étais épuisée. Sans le dire. Et quand personne ne voyait, j'en voulais au monde entier.

C'est un piège classique : on ne formule pas son besoin, mais on en veut à l'autre de ne pas l'avoir deviné.

Les enfants m'ont aussi montré autre chose. Après une journée épuisante, il m'est arrivé d'avoir besoin d'une seule chose : que quelqu'un me dise « je vois que c'est dur ». Pas qu'on me propose une solution. Pas qu'on me dise que « ça va aller ». Juste qu'on reconnaisse la fatigue.

Et au même moment, l'autre faisait quelque chose de concret : ranger la cuisine, coucher les enfants, s'occuper de la logistique du lendemain. C'était de l'amour. Mais ce n'était pas celui dont j'avais besoin à cet instant.

C'est ça, le décalage que les enfants révèlent : on peut être là tous les soirs, fidèle, solide ET passer à côté de ce que l'autre vit. Pas par indifférence. Par maladresse. Parce qu'on donne ce qu'on sait donner, pas forcément ce que l'autre attend.

On ne s'en rend pas toujours compte sur le moment. Mais le jour où on arrive à se dire (même maladroitement) « ce dont j'ai besoin, ce n'est pas que tu fasses plus, c'est que tu me regardes », quelque chose se déplace. On arrête d'attendre que l'autre devine. On commence à lui montrer le chemin.


Comment on se retrouve (sans méthode miracle)

Je n'ai pas de recette magique. Ce que je peux dire, c'est ce qui aide. Pas toujours. Pas parfaitement.

Se parler, même mal. Dire « je suis à bout » plutôt que claquer une porte. Accepter que l'autre ne comprenne pas tout de suite. Revenir le lendemain. Rire quand c'est possible… et c'est plus souvent possible qu'on ne croit.

Parfois, c'est aussi bête que sortir à deux une heure. Marcher sans les enfants. Se rappeler qu'on existait avant eux. Pas pour fuir la parentalité. Pour se rappeler qu'on est aussi un homme et une femme, pas seulement un père et une mère.

Et puis il y a la prière. Je dis ça sans envolée. Je dis ça comme un fait. Il m'arrive de prier pour mon couple dans la voiture, entre deux courses. Pas une grande prière. Juste : « Aide-nous. On n'y arrive pas toujours tout seuls. » C'est court. C'est pauvre. Mais c'est vrai.

Et quand on y arrive (pas toujours, pas souvent), il y a aussi la prière à deux. Je ne parle pas d'un temps spirituel parfait, à genoux dans le silence. Je parle d'un Notre Père dit ensemble un soir sur cinq, debout dans la chambre, entre deux bâillements. Ou d'un merci murmuré à deux avant de s'endormir. C'est minuscule. Mais il se passe quelque chose quand on se tourne ensemble vers plus grand que soi. On arrête, l'espace d'une minute, d'être deux adversaires fatigués. On redevient deux alliés.

Ce qui m'a aidée à mieux comprendre (et à moins m'énerver)

Je vais mentionner un livre que tout le monde connaît, et je m'en excuse d'avance pour ceux qui en ont marre d'en entendre parler : Les (5) langages de l'amour de Gary Chapman. C'est un classique, oui. Mais il y a une raison à ça.

Ce livre m'a fait comprendre une chose simple et pourtant décisive : on n'exprime pas l'amour de la même façon. L'un a besoin de mots. L'autre a besoin de gestes. L'un se sent aimé quand on passe du temps ensemble. L'autre quand on lui rend un service sans qu'il ait à le demander. Et quand on ne parle pas le même langage, on peut s'aimer très fort et se sentir chacun profondément seul.

Après les enfants, cette incompréhension explose. Parce que le temps se réduit. Parce que la fatigue supprime la patience. Parce qu'on attend de l'autre qu'il devine ce dont on a besoin, alors qu'il est en train d'exprimer son amour dans un langage qu'on ne reconnaît pas.

Identifier son propre langage et celui de l'autre, ça ne résout pas tout. Mais ça évite beaucoup de procès d'intention.

On m'a aussi beaucoup parlé de l'Ennéagramme comme outil de compréhension de soi et de l'autre. Je ne le maîtrise pas encore, et je sais que l'outil fait débat dans certains milieux, mais ce que j'en comprends me parle : c'est une grille de lecture qui aide à saisir comment chacun fonctionne en profondeur. Pas pour mettre l'autre dans une case. Pour mieux comprendre pourquoi il réagit comme il réagit. Et pourquoi moi aussi, je réagis comme je réagis.

Dans un couple fatigué, avoir des outils pour se comprendre, c'est presque aussi vital que de s'aimer.

Se faire accompagner : pas un dernier recours, un acte intelligent

Il y a une idée tenace qui dit qu'on consulte un thérapeute de couple quand ça va mal. Quand c'est la crise. Quand on est au bord.

Je crois exactement l'inverse.

Se faire accompagner quand le couple va « bien mais pas si bien que ça », quand il y a des petits agacements récurrents, des silences un peu trop longs, des reproches qu'on rumine sans les formuler, c'est justement là que c'est le plus utile. Avant que le petit problème devienne un gros. Avant que le non-dit devienne un mur.

Un thérapeute de couple, ce n'est pas un juge. C'est quelqu'un qui aide à entendre ce que l'autre essaie de dire, et qu'on ne reçoit plus.

Et pour ceux qui vivent leur foi, un prêtre, un accompagnateur spirituel ou un couple référent en pastorale familiale peuvent aussi offrir cet espace. Pas pour donner des réponses toutes faites. Pour poser les bonnes questions, dans un cadre où la parole est libre.

Mais l'aide ne passe pas que par des professionnels. Elle passe aussi par une amie à qui on ose dire : « En ce moment, c'est dur entre nous. » Pas pour médire. Pas pour se plaindre. Pour poser les mots quelque part. Pour entendre quelqu'un te dire : « C'est normal. Je suis passée par là aussi. »

Surtout, ne restez pas seules avec ça.

Et pour celles qui se sont mariées religieusement, j'ai envie de rappeler quelque chose qu'on oublie souvent : vos témoins de mariage ne sont pas là uniquement pour le jour J. Ils sont là pour la suite. Leur rôle, c'est d'être des oreilles attentives, de vous épauler dans les traversées difficiles, de vous rappeler pourquoi vous vous êtes choisis quand vous ne savez plus très bien. C'est un rôle magnifique.

(Petit clin d'œil aux jeunes femmes qui s'apprêtent à se marier : pensez-y au moment de choisir vos témoins. Ce ne sont pas forcément vos meilleures amies du moment. Ce sont les personnes à qui vous pourrez dire la vérité dans dix ans.)

Si tu cherches des ressources pour nourrir ta réflexion, je recommande aussi le podcast Au Cœur du Couple de Soazig Castelnérac, co-animé avec la psychologue Marylise Richard, dans le cadre du média Amour Toujours. C'est concret, c'est intelligent, c'est ancré dans le réel. Ça fait du bien d'écouter quelqu'un qui prend le couple au sérieux sans le transformer en projet de développement personnel.

Il n'y a aucune honte à demander de l'aide. Il y a même une forme de courage et de lucidité. Les couples les plus solides que je connais ne sont pas ceux qui n'ont jamais eu de problèmes. Ce sont ceux qui ont osé les regarder en face ensemble, et parfois avec un tiers.

Ce que je ne veux pas dire

Je ne veux pas dire que les enfants sont un obstacle au bonheur conjugal. Ils sont un bouleversement, c'est différent.

Je ne veux pas dire qu'il faut « travailler son couple » comme on travaille un dossier. Le couple n'est pas un projet à optimiser.

Je ne veux pas dire que la foi résout tout. Elle éclaire. Elle console parfois. Elle donne un cadre, une espérance. Mais elle ne supprime ni la fatigue, ni l'agacement, ni le besoin très humain d'être compris.

Je ne veux pas dire non plus que tout est simple chez nous. Il y a des jours où on se parle mal. Des semaines où on vit côte à côte sans se trouver. Ce n'est pas un échec. C'est la vie conjugale réelle, celle que personne ne filme.


Quelques pistes, sans promesse

  • Nommer ce qu'on ressent, même maladroitement, plutôt que de laisser le silence s'installer.

  • Protéger de petits moments à deux : pas des week-ends de rêve, juste un café partagé après le coucher des enfants.

  • Accepter que la tendresse prenne des formes nouvelles : un texto dans la journée, un regard, un geste domestique fait avec attention.

  • Lire ensemble Les langages de l'amour, ou au moins en discuter. Ce n'est pas un livre de développement personnel. C'est un décodeur.

  • Ne pas comparer son couple à celui des autres. Personne ne sait ce qui se vit derrière les portes.

  • Se rappeler pourquoi on a choisi cette personne. Pas le souvenir idéalisé. Le choix réel.

FAQ

Est-ce normal de ne plus avoir envie de parler à son conjoint le soir ?

Oui. La fatigue parentale est réelle et elle touche directement la communication du couple. Ce n'est pas un signe de désamour. C'est un signe d'épuisement. L'important est de ne pas laisser ce silence s'installer comme une habitude définitive.

Le couple peut-il redevenir comme avant les enfants ?

Probablement pas, et ce n'est pas une mauvaise nouvelle. Le couple évolue. Ce qu'on perd en légèreté, on peut le gagner en profondeur, en complicité, en tendresse éprouvée. Le couple d'après les enfants n'est pas inférieur au couple d'avant. Il est différent.

Comment retrouver une intimité physique après les enfants ?

En commençant par en parler, sans pression ni culpabilité. Le désir ne se commande pas, mais il se cultive, par la douceur, le temps, l'attention. Et parfois par le simple fait de se toucher sans que cela mène à autre chose.

La foi peut-elle aider un couple en difficulté ?

Elle peut donner un cadre, une espérance, un lieu de pardon. Mais elle ne remplace pas la communication ni, quand c'est nécessaire, un accompagnement professionnel. Prier pour son couple, c'est un geste humble. Ce n'est pas une solution magique.

Quand faut-il s'inquiéter pour son couple ?

Quand le silence devient un mur. Quand le mépris remplace l'agacement. Quand on ne se tourne plus l'un vers l'autre, même dans les moments difficiles. Là, il ne s'agit plus de patience mais d'un appel à agir : à parler, à consulter, à se faire aider.

Faut-il attendre que ça aille mal pour consulter un thérapeute de couple ?

Non, et c'est même l'inverse qui est recommandé. Consulter quand tout va « à peu près » mais qu'on sent des tensions récurrentes, c'est le meilleur moment. Un prêtre, un accompagnateur spirituel ou un thérapeute spécialisé peuvent aider à dénouer ce qui commence à se nouer, avant que ça ne devienne un vrai blocage.

Le livre Les 5 langages de l'amour est-il vraiment utile ?

C'est un outil simple mais puissant. Il aide à comprendre que chacun exprime et reçoit l'amour différemment. Après les enfants, quand le temps et l'énergie manquent, comprendre le langage de l'autre peut transformer une frustration quotidienne en geste ajusté. Ce n'est pas une baguette magique, mais c'est un vrai point de départ.


Conclusion

Le couple après les enfants n'est pas un couple diminué. C'est un couple traversé.

Traversé par la fatigue, les malentendus, la perte de repères, le manque de temps, les disputes absurdes sur le lave-vaisselle. Mais traversé aussi par quelque chose de plus grand : l'expérience de rester. De choisir, encore, cette personne imparfaite à côté de soi.

Il y a une beauté là-dedans. Pas la beauté des comédies romantiques. La beauté de deux personnes fatiguées qui, un mardi soir ordinaire, se regardent et décident de recommencer.

Peut-être que c'est ça, au fond, la fidélité. Pas un état. Un geste répété.


À propos

Anne-Claire Lépissier écrit sur la féminité chrétienne (maternité réelle, transmission de la foi, couple, corps et vie intérieure) depuis le quotidien concret, sans posture parfaite.

Ses textes s'adressent aux femmes qui croient, doutent et recommencent, et qui cherchent une parole incarnée sur leur vie de femme, sans modèle imposé, sans culpabilité supplémentaire.

anneclairelps.com · @anneclairelps


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Sources

[1] Gottman Institute, « Research on Couples », et Shapiro, A. F., Gottman, J. M. et Carrère, S., « The baby and the marriage: Identifying factors that buffer against decline in marital satisfaction after the first baby arrives », Journal of Family Psychology, vol. 14, n° 1, 2000.

Les travaux du Gottman Institute, appuyés sur des études longitudinales, documentent la baisse de satisfaction conjugale rapportée par près de deux tiers des couples dans les années qui suivent l'arrivée d'un bébé. L'étude identifie aussi les facteurs protecteurs : qualité de l'amitié conjugale, gestion saine des conflits et approche d'équipe face à la parentalité.


[2] Sondage Odoxa pour le média Lou, en partenariat avec Gens de Confiance, février 2025, « La moitié des jeunes parents envisagent de se séparer dans l'année qui suit la naissance de leur enfant ».

Ce sondage indique que 50 % des jeunes parents interrogés déclaraient avoir envisagé une séparation dans l'année suivant la naissance. Il met également en lumière que 73 % des jeunes mères (25-34 ans) et 61 % des jeunes pères constataient une augmentation des tensions après l'arrivée de l'enfant. La répartition des tâches domestiques y apparaît comme la première source de conflits.


[3] Enquête Elabe pour WeMoms, citée dans Anna Roy, Baby Clash, devenir parents sans s'étriper !, Larousse, 2024. L'enquête rapporte qu'environ deux mères interrogées sur trois (66 %) déclaraient avoir vécu un « baby clash », période de tensions conjugales suivant la naissance d'un enfant. Pour 20 % d'entre elles, le couple a failli ne pas y résister.

[4] INSEE, enquête « Emploi du temps », 2010, et Champagne, C., Pailhé, A. et Solaz, A., « Le temps domestique et parental des hommes et des femmes : quels facteurs d'évolutions en 25 ans ? », Économie et Statistique, n° 478-479-480, INSEE, 2015.

Les données montrent que les femmes effectuaient 71 % des tâches ménagères et 65 % des tâches parentales au sein des couples étudiés. L'écart s'est réduit sur vingt-cinq ans, principalement du fait de la diminution du temps féminin, et non d'une augmentation du temps masculin.

[5] Caisse d'Allocations Familiales (CAF), « Qu'est-ce que la dépression du post-partum paternelle ? », caf.fr, 2024, et Fondation pour la Recherche Médicale (FRM), « Que sait-on de la dépression du post-partum chez le père ? ».

La CAF évoque environ 10 % des pères traversant un épisode de dépression du post-partum dans la première année de l'enfant, avec un pic entre 3 et 6 mois. Les méta-analyses internationales donnent un ordre de grandeur similaire (8 à 10 %). Les symptômes, souvent masqués, peuvent se manifester par une humeur basse, de l'irritabilité, des troubles du sommeil, une fatigue persistante ou un retrait.

[6] Gary Chapman, Les 5 langages de l'amour, Leduc Éditions (édition française).

L'ouvrage identifie cinq modes d'expression et de réception de l'amour : paroles valorisantes, moments de qualité, cadeaux, services rendus et toucher physique. Il aide les couples à comprendre les décalages dans leur façon de donner et recevoir de l'affection, un outil particulièrement utile après l'arrivée des enfants.

[7] Soazig Castelnérac et Marylise Richard, Au Cœur du Couple, podcast du média Amour Toujours, disponible sur les principales plateformes d'écoute. Podcast consacré à la vie de couple, co-animé par Soazig Castelnérac (rédactrice en chef d'Amour Toujours) et Marylise Richard (psychologue spécialisée en thérapie de couple). Il propose des réflexions concrètes et accessibles pour entretenir, apaiser ou relancer la relation conjugale.



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