Transmettre la foi
Nous semons. La germination appartient à Dieu.
Résumé - Cet article parle de transmission de la foi, pour les parents chrétiens qui cherchent à transmettre sans étouffer, avec une approche incarnée et libérante : nous semons, mais la germination n'appartient qu'à Dieu.
Mon fils ne voulait pas rentrer dans l'église.
Je lui avais proposé d'entrer allumer une bougie, juste comme ça, en passant. Il a regardé la porte, m'a regardée, et a dit non.
Je ne sais plus exactement ce que j'ai ressenti. Un peu de déception. Une pointe d'inquiétude. Et cette question qui arrive toujours dans ces moments-là : est-ce que je fais bien ?
La pression qu'on ne dit pas
On ne le formule pas comme ça, mais c'est souvent ce qu'on pense au fond.
Si l'enfant croit, c'est qu'on a bien transmis. S'il ne croit pas, s'il résiste, s'il s'ennuie à la messe, c'est qu'on a raté quelque chose.
La transmission de la foi est devenue une responsabilité totale des parents. Souvent des mères.
Comme si Dieu attendait le résultat de notre méthode. Comme si la paroisse, les catéchistes, la communauté, les rencontres imprévues, tout ça ne comptait pas.
Mais nous ne sommes pas seules à porter ça. L'Église entière transmet. Nous en sommes un maillon, pas la source.
Il n'y a pas de méthode parfaite
J'ai une amie, jeune convertie, qui propose la messe à son fils. Et qui ne l'emmène que quand il accepte.
Moi, le dimanche, c'est non négociable. En semaine, je lâche parfois sur la prière du soir, quand je ne l'oublie pas. Mais le dimanche, on y va.
Deux mères. Deux approches. Aucune des deux n'est fausse.
Parce qu'il n'y a pas de manière parfaite de transmettre. Ça dépend des enfants, des parents, du moment, de l'histoire de chacun. Ce qui nourrit un enfant peut étouffer un autre. Ce qui fonctionne à trois ans peut ne plus rien dire à sept.
Ce qu'on peut faire, c'est chercher. Ajuster. Recommencer. Et arrêter de se comparer.
→ Lire aussi : 10 fausses croyances qui te font douter (à tort) de ta capacité à transmettre la foi
Ce qu'on sème sans le savoir
Il y a les messes longues, pas adaptées. Les courses-poursuites dans l'église. Les crises à voix basse. Les chuchotements qui dégénèrent. Les regards des gens autour.
Et puis, au milieu de tout ça, il y a ces instants suspendus.
Mon fils qui lève les yeux vers un vitrail et reste là, immobile, une seconde entière.
Qui veut allumer une bougie, pas moi, lui.
Qui trempe la main dans le bénitier avec une hâte que je n'aurais pas su fabriquer.
Qui récite avec moi un Je vous salue Marie, maladroitement, mais vraiment.
Et ce matin-là (je m'en souviendrai longtemps) où il fit pour la première fois son signe de croix tout seul. Avec une concentration telle que j'ai vu, l'espace d'un instant, quelque chose crépiter en lui.
Je n'avais rien planifié de tout ça. Ça s'est passé.
Nous semons. La germination appartient à Dieu.
C'est la phrase qui m'a le plus libérée.
Pas parce qu'elle dédouane de tout effort. Mais parce qu'elle remet les choses à leur place.
Nous semons. C'est notre part. Proposer, montrer, vivre, prier. Même maladroitement, même imparfaitement, même quand on n'en a pas envie.
La germination, elle, n'appartient qu'à Dieu.
Il y a des graines bien semées qui ne germeront peut-être jamais. D'autres semées maladroitement qui porteront beaucoup de fruits. Et entre les deux, un million de scénarios différents que nous ne contrôlons pas et que nous ne sommes pas censés contrôler.
On n'est pas responsables de la récolte. On est responsables de semer.
→ Voir aussi : Comment transmettre la foi à tes enfants sans leur mettre la pression ?
Mais ce n'est pas une raison pour ne rien faire
Je veux être honnête : cette liberté n'est pas une excuse.
"La germination appartient à Dieu" ne veut pas dire qu'on peut se dispenser de semer. Que peu importe ce qu'on fait. Que la foi tombera du ciel sans qu'on ait eu à l'habiter devant eux.
Ça veut dire qu'on peut semer sans être écrasée par l'angoisse du résultat. Qu'on peut rentrer du dimanche en sachant qu'on a fait ce qu'on pouvait. Même si ça a été chaotique, même si l'enfant a couru dans l'allée, même si la prière était bancale.
Qu'on peut recommencer le lendemain sans porter la culpabilité de la veille.
Et puis il y a quelque chose que je crois profondément : on ne transmet vraiment que ce qu'on vit.
Pas ce qu'on enseigne. Pas ce qu'on explique. Ce qu'on habite.
C'est en avançant dans notre propre chemin de foi (en nourrissant notre vie intérieure, en nous rapprochant de Dieu, en cherchant même quand c'est difficile) que nous montrons le chemin à nos enfants. Pas en leur donnant des leçons. En les laissant nous voir chercher.
Un enfant qui voit sa mère s'arrêter devant une église, allumer une bougie, rester une minute en silence… il ne comprend pas tout de suite. Mais il voit. Et quelque chose s'inscrit.
Ce que nous pouvons faire de mieux pour eux, c'est peut-être avancer nous-mêmes. Qu'ils grandissent dans notre sillage, pas sous notre pression.
Et pour avancer, encore faut-il prendre soin de ce qu'on est : comme femme, comme mère, pas seulement comme éducatrice de foi. Une mère épuisée, culpabilisée, perdue dans des modèles impossibles, transmet aussi ça. Avant de se demander comment transmettre, il y a une question plus fondamentale : comment je vis ma propre maternité ?
Ici, je partage ce que j'apprends au fur et à mesure. Pas une méthode. Pas un modèle. Des pistes, des tâtonnements, des moments de grâce inattendus.
Parce que la transmission, c'est peut-être ça : vivre sa foi devant ses enfants, avec tout ce que ça a d'imparfait, d'hésitant et de vivant.
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« Transmettre la foi ne revient pas seulement à parler de Dieu, mais à laisser Dieu parler dans notre vie. Les enfants apprennent la foi en regardant vivre ceux qui croient, bien avant de comprendre tout ce qu’ils entendent. »
d’après le pape François, méditation “Comment se transmet la foi”, 3 mai 2018
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Les réponses à vos questions
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En acceptant qu'il n'existe pas de méthode universelle. Ce qui nourrit un enfant peut étouffer un autre. Ce qu'on peut faire : proposer, montrer, vivre sa foi devant eux et lâcher le résultat. Nous semons. La germination appartient à Dieu.
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C'est une question que beaucoup de parents chrétiens se posent, et les réponses varient selon les familles, les enfants, les convictions. Certains parents proposent sans imposer. D'autres tiennent le cadre du dimanche comme non négociable. Il n'y a pas de réponse unique, seulement une recherche honnête, à ajuster au fil du temps.
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En la vivant imparfaitement, justement. Les enfants ne retiennent pas seulement les belles prières et les messes réussies. Ils retiennent aussi le recommencement, la fidélité fragile, la foi qui cherche. Ce que vous transmettez en étant honnête avec votre foi vaut autant que ce que vous transmettez dans les beaux moments.
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Oui et c'est souvent injuste. La transmission de la foi repose très souvent sur les mères, comme si le résultat dépendait d'elles. Ce blog essaie de nommer cette pression, et de la déposer.
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Ne pas en faire un drame, ne pas capituler non plus. Observer ce qui se passe sous le refus : parfois c'est de la fatigue, parfois de l'opposition normale, parfois un signal à entendre. Et se rappeler que les moments de grâce arrivent souvent là où on ne les attendait pas : devant un vitrail, au bord d'un bénitier, dans un signe de croix fait tout seul avec gravité.
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