Jusqu'où suis-je responsable de la foi de mes enfants ?

Résumé

Cet article explique jusqu’où les parents catholiques sont responsables de la foi de leurs enfants et comment transmettre la foi sans chercher à la leur imposer. À partir de la Bible, du Catéchisme de l’Église catholique et des textes du Magistère, il distingue la responsabilité des parents (éduquer dans la foi, prier, témoigner et accompagner) de ce qu’ils ne peuvent pas maîtriser : la liberté de leur enfant, sa réponse personnelle à Dieu et le fait qu’il garde ou non la foi en grandissant. Il s’adresse notamment aux parents catholiques qui se demandent s’ils font « assez », comment respecter la liberté religieuse de leur enfant ou s’ils sont responsables lorsqu’un enfant s’éloigne de la foi.

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Il y a quelques semaines, à la messe, mon fils de 3 ans s'est penché vers moi et m'a soufflé un “Maman, je m'ennuie”.

Il n'avait probablement pas réfléchi plus loin que cette phrase. Mais moi, mon sang n’a fait qu’un tour. Et dans ma tête, l'enchaînement a été à peu près celui-ci :

“Il s'ennuie à la messe. Donc il n'aime pas la messe. Donc il va finir par détester y aller. Donc, adolescent, il ne voudra plus venir. Donc il va s'éloigner de la foi. Et ce sera ma faute.”

Voilà.

En quatre secondes, j'étais passée d'un enfant qui trouve la messe un peu longue à l'échec complet de ma mission de mère chrétienne.

J'en ris en l'écrivant, mais je crois que cette petite panique dit quelque chose de très réel. Parce que depuis que j'ai des enfants, je me demande souvent comment leur transmettre ma foi. Comment leur parler de Dieu sans en faire trop. Comment leur donner envie de prier. Comment faire de la messe autre chose qu'une heure pendant laquelle ils attendent désespérément le chant final.

Mais derrière toutes ces questions pratiques, il y en a une autre, beaucoup plus vertigineuse : jusqu'où suis-je responsable de leur foi ?

Je sais que j'ai quelque chose à leur transmettre. Je l'ai même promis le jour de leur baptême. Mais si, malgré tout ce que nous aurons essayé de leur donner, l'un d'eux me dit un jour qu'il ne croit pas ? Si à 20 ans il ne met plus les pieds dans une église ? Si Dieu devient pour lui un truc de son enfance, comme les Playmobil et les compotes en gourde ?

Est-ce que cela voudra dire que j'ai raté quelque chose ? Cette mécanique de culpabilité maternelle⁠, je la connais bien : quelque chose se passe avec mes enfants et, très vite, je me demande ce que j’ai mal fait.

J'ai voulu aller voir ce que disent réellement la Bible, le Catéchisme et les textes de l'Église. Et je crois que ce que j'y ai trouvé peut se résumer dans un paradoxe assez fou : Dieu confie aux parents une responsabilité immense sur quelque chose qu'ils ne pourront jamais complètement maîtriser.

Notre responsabilité est réelle.

Notre maîtrise, elle, ne le sera jamais.

Oui, transmettre la foi est vraiment notre responsabilité

J'ai envie de commencer par là.

Parce qu'à force de vouloir respecter la liberté de nos enfants, on pourrait être tentés de penser que la position la plus juste consiste à ne pas trop les influencer. Leur parler de Dieu, bien sûr. Leur faire découvrir la foi. Mais ne surtout rien « imposer », pour qu'ils puissent choisir plus tard.

Sauf que ce n'est pas vraiment ainsi que l'Église envisage notre rôle.

Le Catéchisme de l'Église catholique, le grand texte de référence qui rassemble son enseignement, appelle les parents les « premiers responsables de l'éducation de leurs enfants » (n° 2223). Il dit aussi qu'ils ont « la responsabilité et le privilège d'évangéliser leurs enfants », de les initier dès leur plus jeune âge aux mystères de la foi, de les associer à la vie de l'Église et de leur apprendre à prier (n° 2225-2226).

Gravissimum Educationis, le texte du concile Vatican II consacré à l'éducation chrétienne, va même jusqu'à dire que le rôle éducatif des parents est d'une telle importance qu'« il peut difficilement être suppléé » lorsqu'il fait défaut (n° 3).

Donc non, le christianisme ne nous dit pas : ne lui transmets pas trop tes convictions, il choisira quand il sera grand.

Il nous dit au contraire que nous avons quelque chose à lui transmettre.

Et pas seulement en l'inscrivant au caté. Le caté est un vrai soutien, mais le Catéchisme précise que la catéchèse familiale « précède, accompagne et enrichit » les autres formes d'enseignement de la foi (n° 2226). Nous transmettons par ce que nous lui enseignons, par la prière, par les sacrements, par notre participation à la vie de l'Église, mais aussi, et peut-être surtout, par ce qu'il nous voit vivre. Le code de droit canonique, qui rassemble les lois de l'Église, parle d'ailleurs de former les enfants dans la foi « par la parole et par l'exemple » (canon 774, §2).

La liberté de mon enfant ne m'appelle donc pas à la neutralité.

Cela ne veut pas dire que toutes les familles vivent cette transmission de la même façon. Quand l'un des parents ne croit pas, quand on élève seule ses enfants, quand soi-même on doute, le chemin n'a pas la même forme.  Et parfois, on ne se sent tout simplement pas légitime pour transmettre la foi⁠, parce qu’on cherche encore soi-même. Mais la question de fond reste la même.

Et je crois que c'est important, parce qu'on peut facilement confondre deux choses : respecter la liberté de son enfant et ne rien vouloir lui transmettre.

Mais transmettre la foi n'est pas fabriquer un croyant

Voilà pourtant l'autre moitié de l'histoire.

Parce que si je prends cette responsabilité au sérieux, je peux très vite faire le raccourci inverse : si je transmets bien, mon enfant croira.

Et donc, quelque part : s'il ne croit pas, c'est que j'ai mal transmis.

Sauf que la foi chrétienne ne fonctionne pas comme cela.

Le Catéchisme tient ensemble deux choses qui sont essentielles pour comprendre notre rôle. La foi est d'abord un don de Dieu : « croire n'est possible que par la grâce et les secours intérieurs du Saint-Esprit ». Mais croire est aussi « un acte authentiquement humain », dans lequel l'intelligence et la volonté de la personne entrent réellement en jeu (n° 153-155). Et cet acte doit être libre. Dans Dignitatis Humanae, la déclaration de Vatican II sur la liberté religieuse, on lit : « personne ne doit être contraint à embrasser la foi malgré lui » (n° 10).

Autrement dit, je peux apprendre à mon enfant à prier, lui raconter l'Évangile, l'emmener à la messe, lui expliquer ce que nous croyons. Je peux répondre à ses questions, chercher avec lui quand je ne sais pas, lui faire rencontrer d'autres chrétiens, essayer surtout de lui montrer par ma propre vie que Dieu n'est pas simplement une idée ou une habitude familiale. Tout cela relève réellement de ma responsabilité.

Mais je ne peux pas croire à sa place.

Il y a un endroit où, même en tant que mère, je ne peux pas entrer : celui de sa réponse personnelle à Dieu.

Alors, l'emmener à la messe alors qu'il s'ennuie, c'est respecter sa liberté ?

Forcément, je suis revenue à mon petit garçon sur son banc.

Parce qu'il y a quand même quelque chose d'un peu étrange à répéter que « la foi doit être libre » tout en expliquant à un enfant qui préférerait manifestement être ailleurs que, oui, il reste à la messe jusqu'à la fin.

Est-ce qu'on ne lui impose pas précisément quelque chose ?

Je crois que cette contradiction n'existe que si nous définissons la liberté comme l'absence d'influence.

Nous choisissons déjà énormément de choses pour nos enfants. Nous choisissons leur école, une partie de ce qu'ils mangent, les règles de notre maison, les livres qui entrent dans leur chambre, la manière dont nous leur apprenons à parler aux autres. Nous leur transmettons forcément ce que nous estimons vrai, beau et bon.

Je me demande alors pourquoi la religion serait le seul domaine dans lequel aimer son enfant consisterait à ne rien lui transmettre, afin de préserver une sorte de choix parfaitement neutre.

Ce n'est en tout cas pas ainsi que les textes catholiques pensent la liberté.

Ils tiennent ensemble deux affirmations qui me semblaient auparavant presque contradictoires. Les parents ont le droit et la responsabilité d'éduquer leur enfant dans la foi : Dignitatis Humanae reconnaît aux parents le droit de décider de la formation religieuse de leurs enfants (n° 5). Mais la réponse de foi, elle, doit rester libre (n° 10). C'est ainsi que je lis ces textes : les parents ont autorité pour éduquer, pas autorité sur la conscience de l'enfant.

C'est une distinction qui change beaucoup de choses : donner un cadre n'est pas contraindre à croire.

Je peux dire à mon enfant : « Dans notre famille, nous allons à la messe le dimanche. » Et je ne peux pas lui ordonner : « Dans ton cœur, tu dois aimer Dieu. »

Un exemple m'aide. On apprend à un enfant à dire « merci » bien avant qu'il comprenne ce qu'est la gratitude. On ne lui ordonne pas de ressentir de la reconnaissance : on lui donne un geste. Le pape François le dit à propos des bonnes habitudes en général : si l'on n'a pas été habitué, depuis l'enfance, à dire « merci » ou « pardon », la bonne disposition intérieure a du mal à s'exprimer (Amoris Laetitia, n° 266). Le geste ne fabrique pas le cœur, mais il lui donne un endroit où se dire.

Et peut-être que mon fils peut même s'ennuyer à la messe sans que cela soit le premier pas d'un grand éloignement programmé.

Mais un jour, le cadre ne suffira plus

Parce que mon fils ne restera évidemment pas cet enfant de 3 ans qui me souffle qu'il s'ennuie.

Il va grandir. Il va poser des questions. Il trouvera peut-être certaines choses incompréhensibles, ou absurdes. Il pourra ne pas avoir envie de prier. Il me demandera peut-être pourquoi Dieu permet telle chose. Et un jour, il pourra même me dire qu'il n'est plus certain d'y croire.

Et là aussi, j'ai trouvé les textes de l'Église assez beaux.

Ils ne dessinent pas une frontière artificielle où, jusqu'à 17 ans et 364 jours, les parents décideraient, avant que la liberté apparaisse soudainement le jour des 18 ans.

Ils parlent plutôt d'un apprentissage progressif.

Le Catéchisme dit qu'en grandissant, les enfants doivent être éduqués « à user droitement de leur raison et de leur liberté » (n° 2228). Gravissimum Educationis parle d'une responsabilité qui s'acquiert graduellement et de valeurs qui doivent pouvoir être embrassées par une adhésion personnelle (n° 1).

Et Amoris Laetitia, l'exhortation du pape François sur la famille (2016), va encore plus loin : François explique que l'éducation doit créer des processus de maturation de la liberté, plutôt que chercher à contrôler tous les espaces (n° 261). Lorsqu'il parle spécifiquement de la transmission de la foi, il explique aussi que l'expérience spirituelle ne s'impose pas mais se propose à la liberté de l'enfant, particulièrement lorsqu'il grandit (n° 288).

Je crois que c'est là que quelque chose me touche vraiment.

Et si une partie de ma mission de mère consistait précisément à accepter de perdre progressivement le contrôle ?

Petit, je lui donne largement le cadre. Puis je lui apprends à comprendre ce cadre, à poser des questions, à discerner, à se l'approprier.

Et progressivement, quelque chose qui était beaucoup porté par ses parents doit pouvoir devenir son histoire à lui avec Dieu.

Finalement, le but n'est peut-être pas d'élever un enfant qui reproduira parfaitement nos pratiques parce que nous lui avons appris à le faire.

Le but est qu'un jour il puisse répondre lui-même.

Et s'il ne croit plus ?

C'est probablement la question qui se cache derrière toutes les autres.

Imaginons que j'aie fait tout cela.

Le caté, la messe, les prières du soir plus ou moins chaotiques, les livres chrétiens qui traînent dans leur chambre⁠, les discussions, les sacrements, les réponses bricolées aux questions théologiques posées à 7 h 42 alors que j’essaie juste de faire avaler une tartine à tout le monde.

Et qu'à 25 ans, mon enfant me dise : “Maman, moi, je ne crois plus.”

Est-ce que cela voudra dire que j'ai échoué ?

Après avoir lu tous ces textes, je ne crois pas qu'on puisse répondre oui.

Mais, et c'est important, je ne crois pas non plus qu'on puisse répondre : « De toute façon, ça n'avait rien à voir avec moi. »

Notre manière de transmettre compte. Notre témoignage compte. Nos incohérences peuvent compter aussi. Amoris Laetitia rappelle d'ailleurs que les parents exercent toujours une influence, en bien ou en mal, sur le développement de leurs enfants (n° 259).

Donc je ne peux pas me débarrasser de ma responsabilité en disant simplement : chacun son chemin avec Dieu.

Mais l'inverse n'est pas vrai non plus.

La foi adulte de mon enfant n'est pas le bulletin de notes de mon éducation chrétienne.

Un enfant croyant à 30 ans ne prouve pas que ses parents ont tout bien fait. Un enfant qui ne croit plus ne prouve pas qu'ils ont tout raté.

Parce qu'entre ce que je lui transmets aujourd'hui et ce qu'il croira demain, il y aura son histoire, sa personnalité, ses rencontres, ses blessures, l'Église qu'il rencontrera, les chrétiens qu'il croisera, ses propres choix.

Il y aura sa liberté.

Et il y aura Dieu.

Il me semble que ces textes permettent ainsi de distinguer ce dont les parents répondent (former, témoigner, prier avec leur enfant, éduquer progressivement sa liberté) de ce qu'ils ne peuvent pas garantir : ce que leur enfant croira au fond de lui, et s'il gardera la foi toute sa vie.

Ni propriétaire, ni spectatrice

C'est finalement une phrase d'Amoris Laetitia qui m'a peut-être le plus aidée à comprendre ma place.

En parlant précisément de la transmission de la foi aux enfants, le pape François écrit : “Nous ne sommes pas les propriétaires du don mais ses administrateurs vigilants.” (n° 287)

Je trouve l'image incroyablement juste.

Parce qu'elle m'empêche de tomber dans les deux extrêmes.

Je ne suis pas propriétaire de la foi de mes enfants. Ce n'est pas quelque chose que je peux fabriquer, posséder, sécuriser, mesurer.

Mais je ne suis pas non plus spectatrice.

Je suis l'intendante de quelque chose qui m'a été confié. Cela veut dire que j'en prends soin. Que je transmets. Que j'enseigne. Que je témoigne. Que je prie. Que je recommence quand la prière familiale part complètement en cacahuète. Que j'essaie de leur donner accès à Celui que je crois être vrai.

Et je ne suis pas seule à l'être. Le canon 774 associe les parrains et marraines à cette mission, et Amoris Laetitia rappelle que les communautés chrétiennes sont appelées à soutenir les familles dans leur mission éducative (n° 279).

Et qu'en même temps, j'accepte progressivement de ne pas savoir ce qu'ils en feront.

Peut-être que c'est cela, finalement, la frontière que je cherchais : je réponds de ce que je leur transmets, et de la manière dont je le transmets. Je ne réponds pas à leur place.

Planter, arroser… et ne pas faire pousser

Il y a une image de saint Paul que j'aime beaucoup : “Moi, j'ai planté, Apollos a arrosé ; mais c'est Dieu qui donnait la croissance. “ 1 Co 3, 6

Saint Paul écrit ici à la communauté de Corinthe. Il parle de sa mission et de celle d'Apollos, un autre prédicateur des débuts de l'Église. Il ne parle pas de parentalité, donc je ne vais pas lui faire dire ce qu'il ne dit pas.

Mais l'image m'aide.

Parce qu'il y a bien quelque chose à planter. Et quelque chose à arroser.

On ne regarde pas une terre vide en disant : Dieu fera pousser ce qu'il voudra.

Notre responsabilité est réelle.

Mais arroser n'est pas faire pousser.

Et peut-être que devenir parent d'un enfant qui grandit, c'est découvrir progressivement cette limite.

Au début, nous faisons énormément pour eux. Puis nous faisons avec eux. Puis certaines choses ne peuvent plus se faire qu'à côté d'eux. Et peut-être qu'un jour, certaines ne pourront plus se faire que pour eux, dans la prière.

Ce jour-là, notre responsabilité n'aura pas disparu. Elle aura changé de forme.

Nous pourrons continuer à aimer, à témoigner, à répondre si l'on nous questionne. À demander pardon aussi, peut-être, pour ce que nous aurons mal transmis. Et à prier. Le Pape François remercie d'ailleurs, dans Amoris Laetitia, les mères qui prient sans cesse, comme sainte Monique, pour leurs enfants éloignés du Christ (n° 288).

Mais il faudra accepter que cette histoire ne soit plus entre nos mains.

Alors la prochaine fois que mon fils me soufflera à la messe “Maman, je m'ennuie.”, j'essaierai peut-être de ne pas l'imaginer immédiatement, 20 ans plus tard, annonçant à sa mère effondrée qu'il ne croit plus en Dieu.

Aujourd'hui, il est là, à côté de moi.

Et ma responsabilité n'est pas de savoir ce qu'il croira à 25 ans.

Elle est de prendre au sérieux ce qui m'est confié maintenant : lui transmettre cette foi du mieux que je peux, par mes paroles mais surtout par ma vie, tout en apprenant peu à peu à laisser sa réponse devenir la sienne.

Parce que mes enfants ne m'ont jamais été confiés pour que je fabrique leur foi.

Ils m’ont été confiés pour que je leur transmette quelque chose que j’ai moi-même reçu, par mes parents ou par d’autres, tôt ou tard.

Et qu'un jour, je les laisse répondre librement à Celui qui le leur donne.

💡 Quelques ressources pour ne pas porter cette mission seule

Parce qu’entre savoir que nous sommes responsables de transmettre la foi et savoir comment le vivre concrètement avec nos enfants, il y a parfois un monde.

Et parce que cette mission n’est pas censée reposer uniquement sur nos épaules, voici quelques ressources que je trouve précieuses pour avancer, quel que soit l’âge de nos enfants.

Pour réfléchir à son rôle de parent avec d’autres : les Chantiers-Éducation des AFC

Les Chantiers-Éducation des AFC⁠ réunissent chaque mois de petits groupes de parents pour parler très concrètement des questions éducatives qu’ils rencontrent. Ce n’est pas spécifiquement consacré à la transmission de la foi, mais cela peut être un vrai lieu pour prendre du recul sur sa manière d’éduquer, ajuster certaines choses et surtout ne pas rester seule avec ses questions.

Pour confier ses enfants à Dieu : la Prière des Mères

La Prière des Mères⁠ rassemble des femmes qui se retrouvent régulièrement pour prier pour leurs enfants et les confier à Dieu. Je trouve cette démarche particulièrement belle au regard de tout ce que nous venons de dire : faire notre part, et reconnaître aussi que nous ne pouvons pas tout faire.

Pour nourrir sa propre foi

Parce qu’il est difficile de transmettre quelque chose qui ne nous nourrit plus nous-mêmes. Lire l’Évangile, se former, rejoindre un groupe dans sa paroisse, participer à une retraite, trouver un accompagnement spirituel… Nos enfants n’ont pas besoin que nous sachions répondre à toutes leurs questions. Mais ils peuvent voir que cette foi dont nous leur parlons continue, nous aussi, à nous faire chercher, prier et grandir.

Et enfin : ne pas rester seule.

Un parrain, une marraine, des grands-parents, des amis, un prêtre, une communauté paroissiale… La foi de nos enfants ne repose pas uniquement sur nous. Et peut-être qu’un jour, une parole que nous n’arrivons plus à leur faire entendre leur sera donnée par quelqu’un d’autre.

Après tout, saint Paul lui-même ne disait pas : « J’ai tout fait pousser. »

Il disait :

« Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé ; mais c’est Dieu qui donnait la croissance. »

 

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Questions fréquentes sur la transmission de la foi aux enfants

Jusqu’où les parents sont-ils responsables de la foi de leurs enfants ?

Selon l’enseignement de l’Église catholique, les parents sont responsables de transmettre la foi à leurs enfants : les éduquer dans la foi, leur apprendre à prier, les accompagner dans la vie sacramentelle et témoigner par leur propre vie. En revanche, ils ne peuvent pas garantir que leur enfant croira ou gardera la foi en grandissant. La foi est à la fois un don de Dieu et une réponse personnelle et libre de chacun.

Suis-je responsable si mon enfant s’éloigne de la foi ?

Le fait qu’un enfant s’éloigne de la foi ne signifie pas, à lui seul, que ses parents ont échoué dans sa transmission. La manière dont nous transmettons compte et mérite parfois d’être interrogée, mais la foi adulte d’un enfant dépend aussi de sa liberté, de son histoire, de ses rencontres et de sa relation personnelle avec Dieu. La foi adulte de notre enfant n’est pas le bulletin de notes de notre éducation chrétienne.

Peut-on imposer la messe à un enfant tout en respectant sa liberté religieuse ?

Éduquer un jeune enfant dans la foi implique nécessairement de lui donner un cadre, comme dans les autres domaines de son éducation. Des parents catholiques peuvent donc décider que la famille va à la messe le dimanche. Cela n’équivaut pas à contraindre leur enfant à croire : les parents peuvent transmettre des pratiques et des convictions, mais ils ne peuvent pas imposer intérieurement la foi. À mesure que l’enfant grandit, l’éducation chrétienne doit aussi l’aider à exercer progressivement sa propre liberté.

Comment transmettre la foi à ses enfants concrètement ?

La transmission de la foi ne passe pas seulement par le catéchisme ou l’enseignement religieux. Elle se vit aussi dans la prière familiale, les sacrements, la lecture de l’Évangile, les conversations, la vie de la paroisse et surtout dans le témoignage quotidien des adultes qui entourent l’enfant. L’Église catholique considère d’ailleurs les parents comme les premiers éducateurs de leurs enfants dans la foi.

Que faire quand on a peur de mal transmettre la foi à ses enfants ?

Il peut être utile de distinguer ce que l’on peut réellement faire de ce que l’on ne pourra jamais maîtriser. Un parent peut chercher à mieux connaître sa foi, témoigner avec cohérence, répondre honnêtement aux questions de son enfant, demander pardon lorsqu’il se trompe, s’entourer d’autres chrétiens et prier pour lui. Mais il ne peut pas croire à sa place. Transmettre n’est pas fabriquer un croyant.

 

SOURCES

Catéchisme de l'Église catholique, n° 2223-2228

Catéchisme de l'Église catholique, n° 153-160

Gravissimum Educationis (Vatican II, éducation chrétienne)

Dignitatis Humanae (Vatican II, liberté religieuse)

Amoris Laetitia, chapitre 7 (pape François)

Code de droit canonique, canon 774

À PROPOS

Je suis Anne-Claire Lépissier.

J’écris sur les questions qui traversent nos vies de femmes (le corps, la maternité, le couple, le travail, la foi et ce que nous voulons transmettre) en essayant de les regarder à la lumière de la foi chrétienne.

Je ne cherche pas ici à proposer un modèle de vie chrétienne réussi, mais à regarder le réel, creuser ce qu’en disent la Bible, l’Église et ceux qui ont pensé ces questions avant nous, puis chercher des repères pour discerner.

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